jeudi 28 janvier 2016

Mandarine et Noisette sont dans un gâteau


Quelle énorme frustration, quand on rentre avec un kilo de mandarines*, d'éplucher la première, de mordre dedans, et de découvrir une chair sèche, filandreuse, ou fade. Ensuite on a plus envie d'en manger, alors que si elles avaient été juteuses, sucrées et acidulées, le kilo aurait à peine survécu deux jours. Mais que faire de ces mandarines ? J'ai trouvé l'inspiration chez Nigella (oui, encore).

Le mieux ? C'est que ça fonctionne avec tous les agrumes, à condition de respecter les proportions et d'ajuster la dose de sucre selon l'acidité voulue.

Le plus mieux ? Cette recette vous permet également de terminer vos restes d'amandes, noisettes ou autres noix entières ou en poudre qui traineraient depuis un peu trop longtemps dans vos placards.

Le top du mieux ? Vous pourrez même inviter vos amis coeliaques ou intolérants au lactose pour le goûter.

mardi 26 janvier 2016

Comment ranger les washi tape


Depuis que j'ai découvert ces rouleaux adhésifs décoratifs japonais (aka washi tape), j'en ai acheté plein, beaucoup trop, et c'est un enfer à ranger. J'ai testé plein de solutions, mais rien ne me convenait. Un autre soucis est que ces scotchs n'aiment pas la lumière et la chaleur, leur colle peut parfois s'épaissir et leurs couleurs devenir fades, ce qui serait dommage vu que ce sont leurs deux seuls atouts.

J'ai trouvé la solution sur Pinterest, évidemment : recycler le carton de papier alu (ou film alimentaire, ou papier sulfurisé, etc.) pour en faire un dérouleur géant.


C'est tout simple, il faut recouvrir le carton d'un washi tape bien résistant (j'ai utilisé un washi plastifié) sur toutes les faces. Redécouper l'encoche pour que le carton puisse se refermer au cutter. Disposer les rouleaux de washi tape sur le cylindre en carton de l'ancien papier d'alu à l'intérieur, c'est exactement la bonne taille. Ensuite, pour chaque rouleau, coller l'amorce sur le bord de la boîte et hop, vous avez un dérouleur géant. 


Vos rouleaux de washi tape sont à la fois protégés de la lumière et exposés pour faire un choix dès que vous ouvrez la boîte.




PS : mon mari proposait d'appeler cet article "ce qu'elle fait avec ses washi tapes va vous étonner", mais on a dit qu'on arrêtait en 2016.

dimanche 24 janvier 2016

Peut-être la meilleure salade du monde



Quelques temps avant mon anniversaire, j'ai publié cet article avec une sélection de cadeaux pour gourmets et gourmands, Petite Soeur Chérie ayant déjà lu ma déclaration d'amour à Nigella Lawson s'est empressée de me commander Simply Nigella qui venait de sortir.

Que se passe-t-il quand j'ai un nouveau livre de cuisine ? Je commence par m'installer confortablement, avec un stylo et des post-it, je lis l'introduction afin de comprendre comment le livre est construit, puis je lis la totalité du livre (sauf le déroulé des recettes) en mettant des post-it sur les recettes que j'ai envie de refaire, avec quelques mots clés sur les raisons de mon intérêt pour les recettes repérées. Les livres de Nigella sont un peu particuliers car ils sont construits comme une conversation, elle nous explique comment elle a réfléchi au livre, où sont les astuces pour se simplifier la vie, où trouver certains ingrédients peu communs, etc. Puis les recettes défilent, classées par thématiques. Ces thèmes ne sont pas les sempiternels entrées-plats-desserts, mais plutôt des ambiances, des manières de faire, des familles d'envies. 


Les recettes ne sont jamais très compliquées, ni dans les étapes à cuisiner, ni dans les ingrédients, il n'est jamais nécessaire d'avoir des ustensiles sophistiqués. Comme elle est autodidacte et cuisine principalement à la maison, n'importe quelle personne qui aime cuisiner peut reproduire n'importe laquelle de ses recettes avec une garantie de réussite. Je trouve très agréable qu'en plus ce soit vraiment très bien écrit, elle s'adresse à ses lecteurs comme à des amis, fait des confidences sur comment se simplifier la vie ou ajouter la petite touche qui bluffera tout le monde, et pas seulement dans les textes d'introduction des sections ou des recettes, également dans les étapes des recettes, c'est vraiment très plaisant à lire. 

Dans Simply Nigella, à la première lecture, j'ai repéré 30 recettes que j'avais envie de reproduire rapidement, c'est énorme ! Et ça va m'aider à maintenir ma bonne résolution 2016 qui est de tester au moins 3 nouvelles recettes par mois (en 2015 c'était 2).

samedi 16 janvier 2016

Anomalia


Ce soir est diffusé le premier épisode d'une série de la RTS intitulée Anomalia. J'ai eu la chance de voir les trois premiers épisodes en avant-première. A l'heure où les séries sont de mieux en mieux considérées par le grand public et les critiques, la fiction anglo-saxonne a des décennies d'avance, les productions nordiques séduisent la planète entière. Depuis quelques années la production francophone a aussi produit de très belles choses. Par contre, je n'avais encore jamais véritablement croché sur une série suisse.

Ce qui vient de changer avec Anomalia

Valérie Rossier, neurochirurgienne, revient s'installer dans sa Gruyère natale quand une place se libère dans la clinique haut de gamme de son petit village. Ce village gruyèrien est isolé, entouré de montagnes et de forêts et, comme toute bonne histoire gruyèrienne, centre de nombreuses légendes anciennes. En particulier celle d'une sorcière, guérisseuse, qui a été noyée par les villageois dans le puit d'une source qui s'est tarie.

vendredi 15 janvier 2016

Les meilleures séries de 2015



Il y a beaucoup trop de séries pour être exhaustif, ça n'aurait plus aucun intérêt. En quelques années on est passé des stars de cinéma qui refusaient de "faire de la télé" à "pour réussir dans la vie il faut avoir fait une série", et c'est le bordel. Jusqu'en 2014, j'étais capable de voir tous les pilotes des nouvelles séries US (ou presque, j'en éliminais certaines rien qu'au synopsis, je ne suis pas masochiste). Depuis 2015 c'est impossible, il y a eu, rien qu'aux Etats-Unis, 350 nouvelles séries diffusées, sans compter les anciennes qui en sont à leurs saisons suivantes, et sans compter non plus que la production du reste du monde suit évidemment la même tendance, entre les séries anglaises, nordiques, françaises, espagnoles, latinos, australiennes, néozélandaises, japonaises, coréennes... bref, du monde entier, la quantité de nouveau matériel produit et diffusé demande de faire des choix de plus en plus pointus et restreints.

Malheureusement, cette profusion gigantesque ne veut absolument pas dire que la qualité est bien meilleure, certes, il y a des choses fabuleuses, mais la majorité n'a aucun intérêt. Trier le génial, du bon, du moins bon, du carrément nul qui tire des grosses ficelles me fatigue et fait des articles tellement longs que je n'ai pas le courage de m'y atteler.

Par contre, il me semble toujours passionnant de suivre ce qui se fait de mieux. La liberté offerte par la disparition des formats obligatoires dictés par les chaînes hertzienne depuis l'apparition d'autres diffuseurs a amené un nouveau souffle de créativité. Aujourd'hui le spectateur choisi ce qu'il regarde, quand il le regarde et à quel rythme il le regarde. Merci Netflix, Amazon et compagnie !

Je tente donc ici une rétrospective sur le meilleur du meilleur des séries de 2015, en espérant vous faire gagner du temps dans le choix cornélien qui s'offre à vous. Que ce soit des premières saisons ou des suites qui assurent encore mieux que le début (ce qui a été souvent le cas l'année dernière), sans genre particulier, de manière totalement subjective, et en refusant de m'arrêter au chiffre 10 parce qu'on a dit qu'en 2016 c'était fini les "10-meilleures-réactions-à-cette-vidéo-de-chaton-mignon-qui-joue-avec-un-panda-vous-n'en-croirez-pas-vos-yeux-et-serez-ému-aux-larmes-mais-je-ne-cite-pas-mes-sources".




Transparent (saison 2)

J'en parlais déjà à la première saison avec une énorme enthousiasme, la créatrice de Transparent a réussi à continuer sur la même lancée. C'est une claque, un plaisir, une douceur, un choc, ça fait rire, c'est émouvant et c'est bourré de talent à tous les niveaux, devant et derrière la caméra. S'il ne devait y en avoir qu'une dans mon best of, ce serait celle-ci.



dimanche 10 janvier 2016

Anomalisa


Anomalisa (Charlie Kaufman & Duke Johnson, usa, 2015)


Un film écrit par Charlie Kaufman est toujours un grand moment. Si vous ne le connaissez pas, je peux citer Being John Malkovich, Adaptation, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Human Nature, Confession of a Dangerous Mind ou Synecdoche New York. Son dernier en date se nomme Anomalisa, et il en est également co-réalisateur avec Duke Johnson, réalisateur spécialisé en animation, car Anomalisa est un film d'animation. Mais c'est un film qui aurait pu être réalisé avec "de vrais acteurs", à un seul détail près : les voix. Si vous cherchez le film sur imdb, voici ce que vous trouverez comme casting complet. 


Et tout l'enjeu du film est là, dans ce "everybody else". 

Michael, le personnage principal, est un spécialiste en service client venu à Cincinnati pour une conférence. Le film commence dans l'avion, un avion tout à fait banal, puis un aéroport banal, un taxi banal, qui dit des banalités, un hall d'hôtel banal, un ascenseur banal, les banalités du groom, une chambre d'hôtel banale. 


Des scènes qui n'auraient aucun intérêt dans une narration normale, sauf que c'est de l'animation, donc on ne s'ennuie à aucun moment en observant les prouesses de réalisme de la banalité à l'image. Et ainsi, chacune d'entre elle nous amène dans le délicieux "état Kaufmanien". On comprend le malaise sans le comprendre vraiment, et c'est palpitant. Impossible de détacher les yeux, et surtout les oreilles, où veut-il en venir ? Qu'est ce qui est bizarre ?

Jusqu'à la rencontre avec Lisa. Et sa voix unique. Et là le film nous montre un typique coup d'un soir dans un hôtel banal, mais avec une poésie folle. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu une scène de sexe aussi romantique et pourtant tellement réaliste. Du sexe banal mais magique car c'est la première fois avec une nouvelle personne.

vendredi 8 janvier 2016

An de Naomi Kawase


An (Naomi Kawase, Japon, 2015)


An est le nom de la pâte de haricots rouges sucrée qui se glisse entre deux pancakes japonais pour former les dorayakis, pâtisserie que vend Sentaro dans sa minuscule boutique. Un jour une vieille dame timide et très souriante s'approche et lui demande s'il peut l'engager, il refuse. Il finira par accepter après avoir goûté sa pâte an, bien meilleure que celle qu'il achète. En lui enseignant cette recette et tout ses petits secrets (comme écouter les haricots rouges), Tokue se dévoile petit à petit et prend un peu d'assurance. On remarque rapidement qu'elle a un problème aux mains, d'anciennes cicatrices et boursouflures de lèpre. Entre ces deux exclus de la vie une amitié silencieuse va se lier.

Entre fleurs de cerisiers et non-dits, honneur et valeur du travail bien fait, importance de la nourriture et d'écouter la mémoire des aînés, on est sans doute aucun au Japon. Un Japon un peu hors du temps. Le cinéma de Naomi Kawase est lent, contemplatif, on écoute le vent et on regarde les fleurs tomber. On observe les haricots confire, les regards sont plus importants que les mots échangés. On se croirait dans un film de Miyasaki réaliste avec de vrais acteurs, la même douce mélancolie s'échappe des cadres très maîtrisés et du rythme des séquences.



La réalisatrice adapte ici un roman qui utilise cette recette pour nous parler des lépreux japonais qui ont été mis au ban de la société japonaise de 1953 à 1996 en étant enfermés d'office dans des sanatorium coupés de tout, tout ça alors qu'un médicament pour traiter la lèpre a été découvert durant les années 40 et que cette maladie a été déclarée peu contagieuse dès cette époque partout dans le monde. En 1996 le gouvernement japonais s'est excusé et a déclaré qu'il avait fait erreur. Trop tard pour beaucoup de malades qui ont passé leur vie dans ces lieux et qui ont continué à y vivre ensuite sans pouvoir réintégrer la société. C'est le cas de Tokue pour qui faire de la pâte an dans l'échoppe de dorayakis de Sentaro à 75 ans est le premier emploi.


Observer le vent dans les arbres et servir des clients devient sa liberté, trop tardivement acquise, mais qui la rend heureuse. Ce film parle de bonheur, tout petits bonheurs, mais aussi de solitude, très lourde solitude. C'est doux et amer. Complexe sensation issue d'une forme pure et simple, comme beaucoup de mets de la cuisine japonaise.

Si vous êtes du genre à vous ennuyer dès qu'un plan dépasse les 30 secondes, n'y allez pas. Si vous êtes prêts à observer quelqu'un observer le vent dans les feuilles d'un arbre, vous devriez ressortir charmé par ce conte mélancolique et contemplatif. Extrait.



Etonnamment, il passe le test Bechdel grâce à l'étudiante japonaise qui discute avec sa mère. Et surtout, il atterri directement dans ma pile de films culinaires au chapitre "Cuisines et cinémas du Monde".

jeudi 7 janvier 2016

Chili con carne o chili sin carne


Le chili con carne est un plat mythique, mais, contrairement aux croyances européennes, ce n'est pas un plat mexicain, mais tex-mex, c'est-à-dire d'inspiration mexicaine mais créé au Sud des Etats-Unis, plus particulièrement au Texas. L'avantage ? Contrairement à la vraie cuisine mexicaine, vous trouverez très facilement tous les ingrédients dont vous avez besoin dans n'importe quel supermarché.
Le chili sin carne, c'est le même plat, mais sans la viande, et c'est tout aussi nourrissant et savoureux !

Les ingrédients


Ici pour 4 personnes... avec des restes, parce que c'est toujours meilleur le lendemain, c'est d'ailleurs cette recette que je fais pour deux personnes, les restes tiennent une bonne semaine au frigo et procurent la base d'un excellent petit déjeuner latino.

  • 250g de haricots rouges secs (ou 150g de haricots rouges et 100g de haricots noirs, qui ont un goût encore plus prononcé, ce sont mes préférés, mais les texans ne jurent que par les rouges !)
  • 300g de viande de boeuf hachée ou ragoût de boeuf découpé en petits cubes (facultatif pour la recette sans viande, dans ce cas-là il vous faudra doubler la quantité de haricots)
  • 1 boîte de tomates pelées
  • 1 très gros oignon
  • 3 carottes et 1 branche de céleri (pour la version végétarienne)
  • 3 carrés de chocolat noir (si, si)
  • 2 cs huile
  • de l'eau
  • du sel et des épices
Vous remarquerez en passant que contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est un plat dont le taux de gras est minime, par contre le taux de protéines, entre le boeuf et les haricots, c'est assez prodigieux, si vous aviez besoin d'un alibi diététique quelconque pour faire cette recette.
Pourquoi c'est aussi délicieux avec si peu d'ingrédients et de gras (parce que soyons sérieux, le gras c'est le goût)? A cause des épices, tout est là, un mélange complexe de saveurs qui vont être pompées par les haricots et la sauce pour donner un "gravy", comme diraient les zaméricains, épais et très aromatique.

Les épices

  • 1cs cumin
  • 1cc cannelle en poudre (si, si, faites-moi confiance, sauf si vous êtes Armalite)
  • 1cs paprika piquant
  • 1 cs origan séché
  • 1 cc macis en poudre (ou 1/2 cc de noix de muscade râpée)
  • 2 feuilles de laurier
  • 1 clou de girofle
  • 2 cs de Tabasco (si vous n'aimez pas le piment, cette "épice"-là est facultative, mais c'est la seule)

En plus de ce mélange particulier, c'est la manière dont on va les traiter qui donne toute la saveur du plat : il faut les faire revenir dans de l'huile chaude, en premier, ce qui va aromatiser l'huile et développer les saveurs des épices dans tous les autres ingrédients.


A gauche le haricot sec, à droite le haricot cuit.

Les haricots


Oui, j'utilise des haricots secs, comme j'utilise des pois chiches secs pour faire mon houmous, l'étape supplémentaire de trempage et de cuisson change tout, ce sera la même différence de goût au final qu'entre une purée de pomme de terre maison et une purée lyophilisée. A vous de voir, mais vu que c'est un plat qui va mijoter longtemps, autant faire le petit effort de plus.


  • Trempage

La veille, faites tremper vos haricots dans un grand saladier plein d'eau fraîche. Si vous repassez par là et que l'eau est trouble, un peu rouge, ou qu'il y a quelques impuretés à la surface, retenez-vous de tout violemment passer à la passoire pour refaire tremper dans de l'eau propre, à ce stade-là les haricots sont très fragiles, vous allez les abîmer. Ce que vous pouvez faire c'est disposer votre saladier plein d'eau dans un évier, et faire couler un filet d'eau fraîche dedans, les impuretés qui sont à la surface vont progressivement disparaître et votre eau sera à nouveau limpide sans que vous n'ayez perturbé le bain de vos précieux joyaux rouges.
C'est très amusant à observer un haricot qui se réhydrate, il commence par faire des rides, partout, on dirait que sa peau va exploser, puis, petit à petit, les autres parties prennent aussi de l'eau, et il grandit, doucement, jusqu'à redevenir tout lisse et impatient de passer à la casserole.

Sachez toutefois que vous pouvez sauter cette étape sans trop de dommages, elle permet d'accélérer la cuisson, mais n'est-ce pas finalement la longueur de la cuisson qui fait que ce plat est délicieux ? Pour les haricots noirs, il vaut mieux ne pas faire tremper, ils perderaient goût et couleur !


  • Cuisson :

Ils sont encore fragiles, on va donc les traiter délicatement. Égouttez-les sans les violenter, disposez-les avec tendresse dans une grande casserole et offrez-leur un nouveau bain d'eau fraîche. Allumez la plaque, ajoutez deux feuilles de laurier, celles-ci ne sont pas là pour aromatiser, mais pour éviter l'effet "pet" que peuvent provoquer les légumineuses chez ceux qui n'ont pas l'habitude d'en manger, mais c'est comme pour le lactose, si on en mange plus régulièrement, ça passe #truestory. Ne mettez surtout pas de sel, comme pour toutes les légumineuses, si on sale avant qu'elles n'aient pu absorber leur comptant d'eau, elles deviennent dures ! Edit: sans le vouloir, j'ai perpétué une légende urbaine sans validation scientifique, on peut saler les légumineuses en début de cuisson sans aucun dommage. Ne vous en privez pas, le sel pénétrera mieux dans la graine qui sera d'autant plus savoureuse !
Il faut laisser cuire à feu doux après la première ébullition environ 1h30. Au bout d'une dizaine de minutes une écume blanchâtre va se développer à la surface, ce sont les impuretés qui flottent, donc on s'en débarrasse délicatement avec une grosse cuillère, sans déranger les haricots qui bloblottent.
Au bout d'une heure, une heure et demi, vos haricots doivent être souples sous la dent. Pas fondants, juste souples sous la dent. Ici encore, pas de brutalité culinaire, on met la casserole dans l'évier en versant délicatement le surplus d'eau, puis on égoutte délicatement les haricots qu'on peut soit mettre dans un tupperware au frigo (ils tiennent ainsi facilement une semaine) soit utiliser tout de suite pour la suite de la recette. En général, je lance cette cuisson des haricots en préparant mon petit dèj. le matin, ils sont donc cuits en milieu de matinée. Et ils ont le temps de refroidir jusqu'à la suite de la recette. J'en fais toujours plus, car c'est aussi très bon dans d'autres recettes, en salade, en mousse (façon houmous), etc. Si vous êtes amateurs de pâte an (la pâte de haricots rouges sucrée japonaise), c'est la même technique exactement jusqu'ici (sans les feuilles de laurier).



La recette


Avoir tous vos ingrédients à portée de main.

Faire chauffer de l'huile dans une très grande marmite sur feu moyen et y ajouter les épices. C'est à cette étape qu'elles vont développer leurs saveurs. Au bout de quelques minutes, ajouter la viande hachée et bien mélanger avec l'huile et les épices, puis ajouter l'oignon grossièrement haché, toujours en remuant.

Pour la version chili SIN carne, couper 2 oignons au lieu d'un, vous pouvez y ajouter des cubes de carottes et de céleri si vous aimez ça, faire revenir le tout dans l'huile et les épices, c'est l'unique différence dans la recette, tout le reste est identique !

Baisser le feu, ajouter un grand verre d'eau tiède pour déglacer, frotter le fond de la marmite pour décoller les sucs, puis un peu de sel, et enfin les haricots rouges. Votre marmite doit maintenant être à feu très doux, ajouter beaucoup d'eau (au moins 10 centimètre au-dessus des ingrédients) et laisser mijoter environ 1h. Vérifier régulièrement qu'il reste du liquide et que rien n'attache au fond. Attention, encore une fois il faut traiter les haricots avec douceur et remuer délicatement sans les casser, ils deviennent de plus en plus fragiles à ce stade. Quand le liquide couvre à peine le mélange, ajouter la boîte de tomate, et remplissez la conserve vide de tomates d'eau et ajouter au chili, deux fois. Laisser mijoter encore environ 1h, 1h30 en venant régulièrement vous enquérir du bien-être de vos précieux haricots.

Quand il est bientôt l'heure de servir, préparer les accompagnements. Je vous recommande :

  • du riz (préparez-en assez pour qu'il y ait des restes pour le lendemain...)
  • des lamelles d'avocat (avec un peu de jus de citron et de sel, mais c'est plus pour la déco qu'autre chose, parce qu'il faut avouer que si ce plat est délicieux, il n'est pas très élégant à servir) 
  • et une petite sauce composée de tomates en dés, oignons rouges, coriandre, ail râpé, jus de citron vert, sel et poivre à laisser mariner quelques minutes, cette sauce s'appelle pico de gallo, c'est la touche de fraicheur de l'assiette.

A ce stade-là, la sauce de votre chili doit être brun foncé, vos haricots doivent fondre sous la dent, et vos épices doivent exhaler dans toute votre maison. Si vous laissez cuire votre chili trop longtemps, les haricots vont devenir trop fragile et se défaire en purée à la moindre manipulation. Si vous ne laissez pas cuire assez longtemps, les goûts des ingrédients n'auront pas eu le temps de s'apprivoiser et de se mélanger. C'est un subtile exercice, il faut goûter souvent (qui s'en plaindrait ?). En goûtant, il faut aussi jauger quelle quantité de piment est souhaitable. Attention, le piment devient plus fort en mijotant, il vaut mieux en ajouter un peu à la fin que de détruire les papilles gustatives des autres convives, surtout si comme moi vous adorez le piment... pauvres convives. Dix minutes avant de servir, il est temps d'ajouter les carrés de chocolat noir. Pourquoi ? En guise d'épice en fait, ça ajoute de la profondeur au plat et ça se marie très bien avec la sauce tomate et le goût un peu terreux des haricots. C'est la même astuce que pour le boeuf bourguignon.


Le meilleur de cette recette ? C'est le petit-déjeuner "mexicain" du lendemain, un peu de chili, du riz, réchauffés à la poêle, des oeufs brouillés bien moelleux, des lamelles d'avocats, un peu de pico de gallo. Une tuerie, comme tous les plats mijotés, le chili est encore meilleur le lendemain.

La version chili con carne aux haricots rouges
La version chili sin carne aux haricots noirs.

Si vous en avez vraiment fait pour un régiment et qu'au bout de deux petit dèj. vous en avez marre, ça se congèle très bien en portion sans dommages (si vous n'agressez pas les haricots à la décongélation), c'est aussi très bon en "farce" de hachis parmentier, en sauce pour des pâtes, etc. C'est donc plutôt une bonne idée d'en préparer pour un régiment.


lundi 4 janvier 2016

Retrospective culinaire 2015



J'ai vécu une année culinaire incroyable. Si j'avais lu l'article que vous vous apprêtez à lire il y a 2 ans, je ne croirais pas que c'est moi qui ai eu la chance de vivre toutes ces expériences fabuleuses, de faire ces belles rencontres et, surtout, de goûter tous ces plats délicieux dont je garde un souvenir intact.

J'ai tenté de faire des catégories pour dépatouiller un peu tout ça, parce qu'un coup de coeur culinaire, ce n'est pas forcément un plat ou un lieu, mais c'est parfois un événement ou même un objet culturel ! N'hésitez pas à me dévoiler à votre tour vos coup de coeur culinaires de 2015 dans les commentaires ou sur ma page facebook, je me réjouis de vous lire !


Nouvelle Table Lausannoise


L'Eligo, sans doute aucun. J'ai eu le plaisir d'y manger plusieurs fois cette année et j'ai gardé des souvenirs très précis de la plupart des plats. En particulier du sashimi de sériole de ma première visite, d'une sublime bisque d'écrevisse pour l'anniversaire de mon père, mais aussi de pâtes à la seiche, d'un filet de maigre au citron satsuma, d'un rumsteak et son jus aux olives pendant les Tables Uniques en cuisine de Lausanne à Table, d'un poireau vinaigrette et sa sauce gribiche déconstruite, d'une magnifique tartelette aux fraises, d'un sorbet chocolat noir-tonka, etc. J'en profite pour remettre la vidéo que je m'étais amusée à faire le soir des Tables Uniques où le chef raconte sa passion pour les herbes aromatiques.



Vous l'aurez compris, je suis fan de la cuisine de Guillaume Raineix. J'aime ses choix de proximité du produit, de saisonnalité, de simplicité pour sublimer les ingrédients phares, j'aime la convivialité et la gourmandise qui se dégagent de son lieu. Pour ne rien gâcher, il est lui-même tout à fait adorable, généreux et toujours partant quand je viens lui proposer des événements un peu fous.
Merci Guillaume et Gabriele, pour cette jolie rencontre et l'accueil toujours chaleureux que vous me réservez dans votre magnifique lieu, et bravo pour cette étoile Michelin et ce beau classement au Gault&Millau, tous deux plus que mérités !



Une mention spéciale à l'équipe de la Brasserie de Montbenon qui ont eux ouvert en décembre 2014, et qui ont réussi à changer le paysage lausannois en 18 mois, grâce à leur très belle table où le chef François Grognuz cuisine de magnifiques produits du terroir et grâce à leur sens de l'événementiel, leurs garden party sont devenues mythiques dès la première occurrence. Ce lieu a réussi à se placer parmi mes adresses favorites pour manger ou juste boire un café, l'apéro ou même utiliser leur terrasse comme bureau avec vue, leur slogan Delicatessen, Culture Lausannoise et Vue sur la mer ne ment pas.



Evénements culinaires


Comme vous le savez peut-être, depuis mars 2015 je fais partie du Comité de l'Association Lausanne à Table. Association née en 2012 quand la ville de Lausanne a été désignée Ville du Goût, elle est devenue en 2014 "Lausanne à Table". Dès 2015, l'Association a véritablement pris son indépendance de la ville (cette dernière continue évidemment à la soutenir). Un comité s'est formé et plein de nouveaux membres nous ont rejoint. Pour montrer que Lausanne à Table changeait, au lieu d'une simple conférence de presse, on a décidé d'organiser le premier Food Truck Festival de Suisse Romande où on a attiré plus de 10'000 personnes sur la Place de la Riponne afin d'annoncer notre programme 2015.


Quelle incroyable journée ! Le mélange de fierté, de plaisir, de gourmandise et de stress m'ont provoqué une extinction de voix à la minute même où la journée se terminait. Qu'est-ce qu'on est fiers également d'avoir fait des émules dans d'autres villes romandes qui ont organisé des événements similaires les mois suivants. Montrer à tous que les gens sont passionnés par la nourriture et que c'est une thématique très importante me passionne et j'espère pouvoir le faire encore longtemps au sein du Comité de Lausanne à Table. Je ne vous fais pas un bilan complet du programme, mais c'était une année extraordinaire. Pour 2016 on a encore plus de membres, encore plus d'événements, vous en saurez plus à l'annonce officielle du programme, le 31 mars, soyez prêts pour les réservations !


Les chefs Eric Godot de la Source des Saveurs et François Grognuz de la Brasserie de Montbenon.

Une mention spéciale à la magnifique soirée Deuxième Service dont voici le récit détaillé. J'ai tellement aimé cette soirée et ses objectifs (sensibiliser sur le gaspillage alimentaire) que j'en ai fait une rubrique récurrente sur ce blog. Une soirée similaire aura lieu en 2016, je ne peux encore rien vous dire, mais ça va être extraordinaire. Cette fois-ci je vous raconterai tout, y compris la préparation du repas avec les produits récupérés. Je me réjouis.