samedi 31 janvier 2015

Les box culinaires



Depuis plusieurs années, le concept des "box" explose. Les premières que j'ai vues étaient les box beauté, pour quelques francs/euros par mois, on pouvait s'abonner et recevoir chaque mois une boîte, thématique ou non, remplie de plusieurs produits cosmétiques, certains en miniatures, d'autres de taille normale. En plus de ces produits, on trouve souvent dans ces boîtes d'autres "goodies" accessoire, par exemple des cartes postales aux jolis designs, des petits objets décoratifs, etc. La boîte elle-même est souvent conçue pour être "girlie". Bref, un abonnement pour recevoir des trucs à tester à la maison... pour que tout le monde se prenne pour une blogueuse beauté. Je n'avais pas adhéré. Vous me direz que c'est peut-être parce que je reçois des trucs gratuits à la maison, peut-être, mais c'est surtout qu'à part pour le maquillage, je trouve assez crétin de recevoir des soins qui ne me correspondent pas.

Après les box beauté, ont commencé à fleurir les box tout et n'importe quoi. J'ai vu passer des box diy (do it yourself = bricolage, avec des fournitures de bricolage chaque mois autour d'une thématique particulière, avec des modes d'emploi précis, etc.), des box thé (allez donc jeter un oeil chez Armalite qui en a fait des critiques régulières), des box bière ou vin, des box hommes ... faut croire que toutes les autres sont réservées aux femmes... qui ont effectivement des box bijoux, lingerie, etc... Et ce n'est pas fini, attention les yeux, des box lifestyle (sérieux, il faut arrêter avec ce mot qui ne veut RIEN dire, ça devient pénible), des box sexe, des box enfants ou même des box animaux, si, si.

Toutes sont basées sur le même principe et business model : il faut s'abonner, avec des prix dégressif plus on s'abonne longtemps (en général c'est 1 mois, 3 mois, 6 mois, ou 1 an). On reçoit chaque mois chez soi une sélection sensée vous convenir (certaines box ont introduit des questionnaires qui permettent soi-disant de créer une box personnalisée). Dans les boîtes des produits que ceux qui créent les kits ont sélectionnés et achetés en gros, afin que le prix de la boîte reste compétitif si vous faites le calcul avec son contenu, et viable pour eux afin que chaque boîte rapporte quelques francs/euros, ce système fonctionne donc sur le volume, il est indispensable d'avoir de très nombreux abonnés pour tourner. A la première boîte reçue l'abonné est souvent enchanté par-presque-tout-mais-c'est-pas-grave-le-reste-je-l-utiliserai-aussi-mais-plus-tard. Et au bout de 3 mois il se retrouve avec des dizaines de trucs qui encombrent ses placards, salles de bain, armoires ou même le panier du chien. 

Pourquoi s'abonne-t-on au départ ? Pour découvrir. C'est le maître-mot, l'appât, le piège... qui existe depuis que les forums et blogs existent. Chacun estime (moi la première) avoir un avis qui mérite d'être donné. Avec ce genre de boîte où arrivent des produits pour la plupart inconnus, c'est l'occasion rêvée de tester des trucs nouveaux, de sortir du quotidien (l'argument marketing imparable) ET de pouvoir ensuite en parler à votre entourage, avec le secret espoir d'entendre : c'est incroyable tous ces trucs que tu connais ! Et ça marche, du tonnerre si on en croit toutes les boîtes existantes et celles qui se créent chaque mois ou presque. Attention, de très nombreuses cessent d'exister régulièrement, la concurrence est rude et il faut se démarquer avec une communication impeccable et en continuant à être bon sur le contenu de la box chaque mois, sinon les gens se lassent et c'est fini. C'est loin d'être un marché de rêve même si chacun tente apparemment de s'y lancer (même Libé, c'est dire).


Parmi ces multiples box, celles qui m'intéressent sont les box culinaires. Les box culinaires sont nombreuses, très nombreuses. Elles paraissent très diversifiées dans leur concept, mais se ressemblent toutes.

On y trouve : des produits d'épicerie (des produits frais seraient trop compliqués à gérer), des recettes, des fiches produits ou terroir ou des portraits de chefs ou d'artisans, autour d'une thématique ou non, et parfois des objets annexes (mini-moules, souvenirs de voyages, accessoires, etc.).

Vous pouvez décider de choisir des produits artisanaux, des produits italiens, français, corses, des recettes à cuisiner avec vos enfants ou vos animaux, des produits bios, des produits vegans, du fromage, de la charcuterie ou même du caviar (si, si, la box caviar), je vous passe la liste exhaustive, un site s'est occupé de les répertorier et de les tester pour vous. 

Vous l'aurez compris, je suis dubitative. Je n'ai d'ailleurs jamais acheté de box, mais comme je suis une blogueuse lofluente (©Shalf), j'en ai reçues plusieurs, qu'on m'a invitée à tester. Ce que j'ai fait... à mon rythme. Ces prochaines semaines je vais donc vous présenter 3 box différentes, très différentes. KitchenTrotter, Diwinea et Helvetibox.


Après ces différents tests, quelques conseils avant de choisir une box :
  • Vérifiez que vous en aurez l'usage en observant attentivement les produits des kits précédents et en vous demandant sincèrement ce que vous n'allez pas utiliser, s'il y a plus d'un item qui vous rebute par mois, ce n'est pas la boîte qu'il vous faut.
  • Vérifiez le prix en fonction du prix des produits (ou de produits similaires) sur le marché, cette boîte est-il un bon "investissement" pour découvrir de nouvelles marques/de nouveaux producteurs ? Ne coûte-t-elle pas plus cher que ce que vous pourriez trouver vous-mêmes dans des épiceries fines ?
  • Vérifiez la possibilité de tester un abonnement pendant 2 mois avant de vous lancer pour une plus longue durée. Ce qui paraît enthousiasmant sur le court terme ne l'est peut-être plus du tout à la deuxième boîte.
  • Quand vous avez testé deux boîtes, observez ce qui vous reste comme produits que vous n'avez pas utilisés rapidement. Allez-vous les utiliser ? Quel pourcentage d'entre eux encombre vos placards ?

Je suis curieuse d'avoir votre avis sur les box en général, et en particulier sur les box culinaires. En avez-vous testé ? Lesquelles ?

Et si vous êtes les créateurs d'une box culinaire disponible en Suisse, n'hésitez pas à me contacter pour me proposer de la tester et/ou de la faire tester par mes lecteurs, une seule garantie : je suis gourmande et sans pitié.


EDIT :
- critique de Kitchen Trotter
- critique de Helvetibox
- critique de Diwinea

mercredi 28 janvier 2015

Le Restaurant des Quatre Saisons à Charmey



En 2011, Shalf et moi avons entamé une tradition : nous offrir une excellente table pour nos anniversaires qui tombent à quelques jours d'intervalle à la fin du mois de décembre. En 2012, notre choix s'est porté sur le restaurant des Quatre Saisons, table gastronomique de l'Hôtel Cailler à Charmey, dans ma Gruyère chérie. Nous y somme retournés en décembre 2014, avec un plaisir renouvelé. Le même chef, Jean-Marie Pelletier, bien installé aujourd'hui, gagne en audace, sa personnalité transparaît encore plus dans l'assiette, dans ses choix thématiques, dans ses choix de produits et de terroirs. Il est classé 13/20 au Gault et Millau, c'est mérité et ça ne m'étonnerait pas que ça grimpe ces prochaines années.

Comme son nom l'indique, l'Hôtel Charmey a décidé de faire de son restaurant gastronomique une adresse qui suit les saisons, c'est donc la carte d'hiver que nous avons dégusté, avec des légumes et fruits d'hiver dans chaque plat servi, des amuse-bouche au dessert, et j'adore ça. Un jour il faudra que j'aille tout de même tester leur carte de printemps, et d'été... et d'automne, bref, que j'y retourne pour faire un vrai tour des quatre saisons. Des quatre justement, l'hiver est peut-être la plus difficile. Moins de choix, des produits demandant plus de travail pour révéler leurs charmes, moins de possibilités crues. Et c'est justement sur cette carte-là que le Chef nous a séduit.


Avant d'attaquer le menu, je tiens à dire que le restaurant en lui-même est un vrai bonheur. C'est calme, avec un éclairage flatteur (même si un peu nul pour les photos, mais j'aurais volontiers lâché mon appareil si je n'étais pas une incorrigible blogueuse...), des sièges très confortables, des tables élégantes et sobres, un service très sympathique et hyper pro, ils connaissent leur carte sur le bout des doigts, leurs vins également, sont calmes, souriants, un vrai plaisir trop rare en Suisse. Et un dernier "détail" de taille : tous les menus peuvent être accompagné, pour un supplément de 50 francs, par un accord mets-vins. Des accords réfléchis entre le sommelier et le chef qui fonctionnent, sont souvent originaux et font la part belle aux vins suisses et même fribourgeois, c'est définitivement le bon choix à faire si vous êtes amateur.


Pour attaquer le menu "Goût & Harmonie" (135 francs), un kir royal au sirop de châtaigne, mandarine et rhum, étonnant, séduisant, original, un goût totalement nouveau pour moi, j'ai adoré. Mon compagnon de dégustation a moins aimé, ça ne plaira pas à tous les palais, j'aime cette prise de risque. 

lundi 19 janvier 2015

Point Séries



On y est, la "rentrée" des séries du début de l'année a débuté. Mais l'idée même de "rentrée" des séries est devenue obsolète. Le système de diffusion que suivaient les chaînes traditionnelles en dévoilant leurs nouveaux programmes en septembre et janvier a été totalement bouleversés ces dernières années par les chaînes du type HBO et par les diffuseurs du type Netflix ou Amazon (que je vous expliquais ici). Il y a donc des lancements de séries tout au long de l'année, même si les mois de janvier-février et septembre-octobre restent des jalons importants par habitudes, certaines chaînes continuent à s'y conformer, mais surtout les critiques traditionnels continuent à faire tout un pataquès de "la rentrée des séries". J'ai pour ma part décider d'arrêter. Je vais plutôt vous faire un point, régulièrement, sur les nouveautés qui valent le détour.

Avant de rédiger une critique de série, j'essaie de voir au moins trois épisodes, voir toute la première saison, mais parfois un pilote suffit pour savoir que c'est mauvais. Je vois à peu près 80% des séries US qui sortent, plus de nombreuses anglaises et quelques unes d'autres types de production (Amérique Latine, Japon, pays nordiques, etc. - quoiqu'elles soient souvent beaucoup moins faciles à trouver). J'élimine d'office les daubes absolues (mal filmé, mal joué, aucun rythme, caricatural, etc.) (exemple : State of Affairs). Par contre, je garde parfois des "navets" car ils peuvent être très divertissants et car j'ai besoin de séries qui m'aident à mettre mon cerveau sur off régulièrement (Helix et sa bande-son hilarante face à l'horreur du scénario me procure un intense plaisir).

On m'a demandé plusieurs fois comment je gérais toutes ces séries. Je m'aide du site betaseries qui permet de se tenir au courant des nouveautés (calendrier), d'ajouter les séries que vous suivez, d'avoir des alertes quand une nouvelle saison commence, de savoir où on en est d'une série particulière, de noter les épisodes et les séries, etc. Sur ma liste de séries, vous pouvez remarquer une énorme profusion, c'est parce que j'ai gardé toutes les séries que j'ai aimées pour une raison ou pour une autre, et aussi parce que j'y ai intégré toutes les nouveautés que j'attends. Et comment je fais pour en voir autant ? Et bien je n'ai pas la télé, c'est assez simple.

A côté de ça, si mes billets vous manquent (certains me les réclament, vous êtes choupidou), je vais tenir à jour plus précisément mon board pinterest 2015 en y ajoutant des commentaires et des notes, afin que vous puissiez vous faire une idée des nouveautés. Je tiens également à jour ma page séries sur laquelle vous retrouvez les séries que j'apprécie classées par thématiques et par ordre alphabétique si vous cherchez de nouvelles idées à regarder. 

Passons aux critiques, deux coups de coeur et beaucouuuuup de déceptions et de séries à oublier très vite.





Olive Kitteridge

Mini-série de quatre épisodes qui nous plonge dans le quotidien d'une femme usée, froide, paraissant dépressive, ne prenant jamais la peine d'enrober ses propos, très observatrice et donc toujours au courant de tout ce qui se passe dans son petit village de la côte de la Nouvelle Angleterre, délicieusement misanthrope. Une performance de Frances McDormand, saluée par la critique et plusieurs prix tout à fait mérités, réussit à glisser une infinie tendresse sous des dehors parfaitement acariâtres. La réalisation est aussi subtile que le scénario. Un bijou qu'il convient de voir d'un coup, comme un polar qu'on dévore. Si les trois premières heures vous ôteront toute joie de vivre, dès l'apparition de Bill Murray, j'espère que vous allez vous exalter autant que moi par ces personnages si vrais, par cette plongée dans l'humain à travers quatre époques de vie, par ces acteurs extraordinaires et par l'intelligence de la globalité de cette série.





Dernière série Amazon, diffusée en décembre 2014. Je vous expliquais le système de sélection et diffusion Amazon dans mon dernier article. "L'équipe à Coppola-Anderson" (respectivement Sofia et Wes) imagine un jeune Chef (d'orchestre) venant tout bouleverser sous les traits de Gael Garcia Bernal. C'est absurde, caricatural, drôle, provocateur, sexy, particulièrement bien observé, fantaisiste, très bien mis en lumière, avec des décors magnifiques et d'excellents interprètes, et une partition musicale passionnante (évidemment), et ça fait un bien fou.



mardi 13 janvier 2015

Le système des séries Amazon



Amazon a révolutionné la manière d'acheter des livres depuis plusieurs années. Au détriment de nombreux éditeurs et libraires qui n'arrivent pas à s'aligner sur les prix. Si on ajoute aux librairies qui disparaissent les très nombreuses plaintes contre Amazon, en particulier pour ses conditions de travail déplorables, j'attendais les premières séries produites par Amazon en 2013 en me réjouissant de les détester.

Sauf que je ne peux pas, Amazon Studios a réalisé depuis sa naissance (en 2010) plusieurs des meilleures séries du moment. A commencer par Transparent, récompensée aux Golden Globes cette semaine, et dont je vous en ai déjà parlé avec enthousiasme. La réalisatrice a clairement eu les mains totalement libres pour faire ce qu'elle voulait, ainsi que les moyens financiers nécessaire, qui se voient dans le casting fabuleux et à l'image, impeccable. Une des mes séries préférées, à voir absolument.


J'avais déjà été agréablement surprise par la très drôle Alpha House, sortie en 2013, la première d'Amazon Studios. Sa deuxième saison a été diffusée à l'automne 2014. Enfin "diffusée" n'est pas le bon mot du coup, "rendue disponible" serait plus juste. Comme Netflix, l'intégralité de chaque saison est proposée le même jour. On retrouvait la même liberté de ton (quoique le sujet, malgré son aspect politique, soit moins polémique que Transparent), et les mêmes moyens mis au casting et à l'image. Plaisant, rythmé, drôle, légèrement irrévérencieux, une jolie comédie à mon avis largement au-dessus de Veep dans le même registre.

vendredi 9 janvier 2015

Charlie


J'ai fait très, très, très attention de ne pas cliquer sur des images sanglantes, des vidéos violentes, comme à chaque occurrence de ce genre d'attentats. Ne surtout pas garder en tête ces images-là. Se souvenir de qui étaient ces personnes de leur vivant.

Depuis le 7 janvier, midi, des centaines, des milliers d'autres types d'images ont été produites, des photos des rassemblements spontanés qui ont eu lieu partout dans le monde, des images d'archives des auteurs abattus, et des dessins, des tonnes de dessins.

Je n'ai aucune analyse politique à apporter sur cet événement qui a abasourdi, choqué et attristé tant de monde, mais j'avais envie de garder une trace des images qui se sont gravées dans mes yeux et qui m'ont permis de surmonter l'abrutissement total.

Je vais, tant que je peux, me tenir éloignée des récupérations politiques, racistes et opportunistes, et continuer à admirer tous ces gens debout qui, fans ou non de Charlie Hebdo, se sont proclamés Charlie.





©Lucille Clerc (et non Banksy comme annoncé à tort)








samedi 3 janvier 2015

Instagram est-il un média ?

©AFP / Alex Ogle

On s'émouvait au printemps 2014 qu'Instagram ait été racheté par facebook. Mais facebook avait promis : rien ne changera, à part une meilleur intégration sur facebook des images, rien ne changera. Qu'en est-il aujourd'hui ? 

Le photographe de l'AFP Alex Ogle, que je suis depuis quelques semaines car il était l'un de ceux qui couvraient -avec talent- les récents événements à Hong Kong, a publié une photo il y a quelques jours, un grafiti "fucking chinese", un cri de protestation écrit au sol avec des jambes de passants, un témoignage de l'ambiance actuelle.


Cette photo a été retirée par Instagram pour "violating guidelines". Le photographe l'a publiée sur twitter. Il l'a également repostée sur Instagram photo en cachant le mot "chinese".