lundi 28 juillet 2014

Les séries de l'été 2014



Il fût un temps ancestral où l'été était un désert sériesque. Ce temps est révolu. Comme au cinéma où de plus en plus de films US choisissent de sortir en plein été, de très nombreuses séries sont diffusées entre juin et septembre. Il a donc dorénavant 3 périodes de sortie de séries par année : fin septembre-octobre-novembre, janvier-mars et juin-août. Mon précédent billet fin mai vous conseillait donc les séries du printemps 2014, passons aux séries de l'été.

Plusieurs composantes récurrentes dans les sorties de ces derniers mois :
  • Il n'y a jamais eu autant de personnages principaux de femmes, scientifiques, de pouvoir, fortes, complexes, ça fait plaisir. (par exemple : The Honourable Woman, Masters of Sex, Extant, ...)
  • Les séries portées par un réalisateur ou auteur connu continuent à pulluler, les années précédentes nous avions eu Jane Campion (Top of the Lake), David Fincher (House of Cards), Stephen King (Under The Dome), Scorsese (Boardwalk Empire) et tant d'autres, cet été ce sont Spielberg (Extant), Guillermo del Toro (The Strains) et Michael Bay (The Last Ship) qui s'y collent.
  • La fin du monde après une épidémie (j'englobe les zombies) ou une catastrophe naturelle est un genre qui ne se tarit pas, probablement grâce au succès continu de The Walking Dead, que j'avoue apprécier. Seul problème : ça met en avant de manière systématique le "modèle américain" du chacun sa voiture-chacun son gun, qui me pose un vrai soucis, d'autant que ces séries s'accumulent. (Pour en citer quelques'unes de ces deux dernières années : The Falling Skies, The Last Ship, Helix, Revolution, The 100, Under The Dome, The Leftovers, ...)
  • Un autre genre en vogue concerne l'espace, soit par des aventures liées à voyage dans l'espace ou à une station internationale (ExtantThe 100, The Astronaut Wifes Club), soit par des extraterrestres (The Falling Skies). Dans le côté futuriste, les robots humanoïdes est également un thème porteur (Extant, Real Humans).
  • Les séries historiques continuent à avoir du succès, on repeint des époques très proches ou plus lointaines, souvent avec un soin minutieux qui rend ces séries passionnantes, par exemple Halt and Catch Fire (années 80), Masters of Sex (début années 60), Vikings (moyen-âge), Crossbones (XVIIe), ...).
  • Le monde de l'informatique et des start up tech fascine avec deux séries dédiées ces derniers mois, l'hilarante et si bien observée Silicon Valley, et la sombre et géniale Halt and Catch Fire .

Je pourrais faire un billet par série, mais c'est un boulot de dingue. Je devrais attendre la fin d'une saison pour vous parler d'une série, mais avec certaines on sait dès le premier épisode que c'est très très mauvais, ou très très brillant. Et chaque saison peut amener des déconvenues violentes (comme Homeland dont j'ai adoré la saison 1 et détesté la saison 3, mais dont je vais tout de même regarder la saison 4, dès le 5 octobre). Mes articles séries naviguent donc au gré de mes coups de cœur du moment, de mon avancée de visionnement et j'assume ma totale subjectivité. On est parti, trois catégories comme d'hab : à voir absolument, mouais bof c'est rigolo mais pas top, ne perds pas ton temps.

vendredi 25 juillet 2014

Comment rouler un rouleau de printemps ?


La cantine favorite de ma copine Jo' c'est le Hoa Sen, restaurant vietnamien à la Rue Clos-de-Bulle 5 (téléphone : 021 323 55 40). La déco est aussi peu subtile que le service, ne cherchez pas des grands crus dans votre verre, mais l'ambiance est chaleureuse et le contenu des assiettes a clairement un goût de reviens-y. Le bo bun et les soupes guérissent n'importe quel soir de déprim, mais je finis toujours par craquer sur les rouleau de printemps. C'est la partie de la carte "à faire soi-même", on reçoit une énorme assiette avec des crudités, des vermicelles de riz, beaucoup d'herbes fraîche et les protéines choisies (je vous recommande le boeuf farci aux crevettes), à côté de cette assiette on reçoit un support en plastique très très moche mais pratique avec les feuilles de riz qui ont été imbibées d'eau qui vous permettront de rouler vos rouleaux de printemps tout seul comme un grand.

Sauf que, apparemment, ce n'est pas si évident que ça, j'ai vu des amis finir par faire un genre de boule de tout pour l'avaler, pas très agréable. Moi j'adore ça les repas où tu DOIS jouer avec la nourriture, du coup, j'en fais même chez moi. Le principe est le même : préparer tous tes ingrédients, puis rouler. On commence donc cet article par le mode d'emploi, qui vous servira aussi au restaurant, et je vous détaille les ingrédients pour faire des rouleaux de printemps à la maison ensuite.

How to roll a spring roll?


Chez vous, il faut commencer par imbiber vos feuilles de riz, attention, pas trop, juste le temps qu'elles soient détendues. Ce qui prend quelques secondes sur chaque face, ou environ 15 secondes en plongeant la feuille entière dans un récipient suffisamment grand. J'utilise ma vieille plaque à gâteau remplie d'eau. Si votre feuille est trop imbibée, elle perd en solidité et devient gluante et très difficile à manipuler. Si elle vous paraît encore légèrement solide à la sortie de l'eau, ce n'est pas grave, elle va terminer de s'assouplir par capillarité.


Si vous voulez de beaux rouleaux de printemps, commencez par trois feuilles aromatiques, menthe, basilic, coriandre, comme vous préférez, c'est ce qui se retrouvera au-dessus du rouleau. Puis ajouter UN PEU de vermicelle de riz. On a toujours tendance à vouloir en mettre trop dans chaque rouleau, ce qui les rend difficile à rouler (et étouffe bougre).


Disposez par dessus le poulet, les crevettes, le boeuf ou le tofu grillé, toujours selon la ligne des premières feuilles. Par dessus vous pouvez ajouter des petits morceaux de : salade verte, herbe aromatiques, pousses de soja, carottes râpés, lamelles de concombre, graines germées, etc. Votre imagination est reine, ce qui vous fais plaisir et peut être disposé en petite quantité fonctionnera, ce n'est plus très vietnamien, mais pour ça, vaut mieux allez chez Hoa Sen.


La seule et unique partie technique est ici (après le trempage de feuille). Il y a plusieurs méthodes, celle que je préfère, qui rend les rouleaux les plus solides et manipulables selon moi, est celle-ci. 
  1. Rabattre les deux petits côté en serrant un peu sur votre rectangle de garniture.
  2. Rabattre un des longs côté sur la farce en la serrant bien, c'est le moment où le "tube" se forme, n'hésitez pas à manipuler un peu pour que tous les ingrédients trouvent leur place et que ça soit solide.
  3. Rabattre le dernier pan en serrant un maximum.
Et voilà.



vendredi 18 juillet 2014

La balade sucrée de Pierre Corajoud


Pierre Corajoud aime Lausanne, passionnément. Il en connaît les rues, les jardins, les parcs, la grande et les petites histoires, et les bonnes adresses. Chaque année durant les Estivales, il organise plusieurs balades thématiques, souvent en musique. Et chaque année, pour Lausanne à Table, il organise des balades gourmandes. Si certains se souviennent encore avec appétit de sa balade autour de la levure cette année Corajoud a choisi des ingrédients encore plus simples. Le sucre en juillet et le sel en août, pour septembre, ce sera le potager. Ces balades remportent toujours un succès énorme, elles sont donc sur inscription et malheureusement complètes. Mais pour ceux qui ne pourront pas y participer, je vous les détaille dans la carte ci-dessous afin que vous puissiez les reproduire chez vous.



Corajoud nous a donné rendez-vous à la Place Saint-François, sa petite troupe se met rapidement en route à travers le "parc de la grenouille" (qui ne s'appelle pas du tout comme ça mais que beaucoup de Lausannois ne connaissent que par ce nom, dont moi, ahem) en direction de la première adresse gourmande du jour.

jeudi 17 juillet 2014

Les préparatifs du Restaurant Day



Dans un mois tout pile, le 17 août, aura lieu la 2e édition du Restaurant Day à Lausanne, organisée par Lausanne à Table, et ça va être explosif ! Je vous ai raconté l'édition 2013 que j'avais adorée. Avec l'équipe de Lausanne à Table, nous espérions qu'il y aurait autant d'inscriptions de restaurateurs d'un jour cette année et nous avons été comblés. Le programme définitif, avec tous les détails géographiques, les menus et les éventuelles coordonnées de réservation, sera disponible le 1er août sur le site de Lausanne à Table et distribué au pique-nique du 1er août.

Je ne peux donc pas vous parler des restaurants eux-mêmes. Mais je ne résiste pas à l'envie de vous dire que ce sera une année exotique ! Les Balkans, Venise, Milan, Cuba, l'Argentine, la Finlande, la Grande Bretagne, le Vietnam et Bordeaux seront représentés dans les assiettes, dans 21 lieux différents dont des parcs, des jardins, des terrasses transformées pour l'occasion, des places, au bord du lac et, bien sûr, chez des restaurateurs d'un jour qui vous ouvrent leurs intérieurs. Il y aura de quoi satisfaire les fêtards, les familles, les amateurs de sucre, les fous du salé ou adorateurs du piment, les carnivores et les végétaliens, certains ont même prévus des lectures et des ambiances sonores.

Et je peux vous dévoiler quelques détails pour vous aider à vous organiser. D'abord, sachez que certains restaurants fonctionneront sur réservations, et vu les propositions alléchantes, à votre place j'agenderais le 1er août immédiatement pour m'en occuper (l'événement facebook où nous allons vous annoncer tout ça). Mais la plupart des restaurants seront ouverts à tous. Trois possibilités donc pour participer à cette journée (de 11h à 20h) : préparer un marathon pour goûter aux plus de choses possibles sur le plus de stands possibles, choisir un restaurant sur réservation ou attendre le dernier moment et choisir en fonction de vos envies du jour. Pour ma part, ce sera la première option... mais je n'ai pas le choix, C'EST MON TRAVAIL :-)

mardi 15 juillet 2014

Cinéma Sud

Cinéma Sud ©Helvetas

Cet été, Helvetas organise une tournée de cinéma en plein-air. Ses particularités ? Ce ne sont que des films dits du Sud qui seront projetés, sur un écran transporté dans toute la Suisse Romande par des vélos et dont toute l'énergie est produite par des panneaux solaires, sur les remorques des mêmes vélos.

dimanche 13 juillet 2014

Rayuela


Edit : traducción al castellano

Il y a des livres qui t'apprennent des choses. Il y a des livres qui te font passer un bon moment. Il y a des livres qui te font rire. Il y a des livres qui te font réfléchir. Il y a des livres qui te font pleurer. Il y a des livres qui te donnent des références culturelles. Il y a des livres qui t'ennuient. Il y a des livres que tu ne finis pas. Il y a des livres que tu relis plusieurs fois. Il y a des livres que tu oublies très vite. Il y a des livres que tu n'oublies jamais. Il y a des livres qui te rappellent ton enfance. Il y a des livres qui te font penser à quelqu'un. Il y a des livres que tu as reçus. Il y a des livres que tu offres. Il y a des livres que tu partages. Et puis, il y a quelques rares livres qui te bouleversent à vie.

Rayuela (Marelle) de Julio Cortázar est de ceux-ci.

jeudi 10 juillet 2014

Childfree




Depuis plusieurs années maintenant, je sais que je n'aurai pas d'enfant. Ce n'est pas que je ne puisse pas en avoir, biologiquement parlant, c'est que je n'en éprouve pas le désir. Ni hier, ni aujourd'hui, ni demain. De la même manière que certaines personnes ressentent viscéralement le désir de devenir parent, au fond de mes tripes, je ressens ce non-désir.

Il y a quelques décennies, il était pratiquement impossible d'en parler, aujourd'hui de plus en plus de personnes osent exprimer leur non-désir d'enfant. Ce qui a été mon cas, après en avoir discuté sur Internet avec des plus ou moins inconnus, j'ai enfin osé dire que non, je n'avais pas envie d'avoir d'enfant, à mon entourage. Pourquoi en parler ici ? Et bien parce que c'est ensuite que les problèmes commencent.

Quand j'ai enfin libéré ma parole, j'ai eu une période où j'avais besoin de le dire à tout le monde. Et je m'en suis pris plein la gueule. J'ai été insultée par des gens bien-pensant qui pensaient me "sauver", considérée comme une cruche écervelée par certaines personnes que je considérais comme proches, interrogée sur mes choix et convictions les plus intimes par de parfaits inconnus. C'était délicieux.

Petit florilège des remarques qui m'ont été faites


Tu es égoïste !
Pourquoi ? Parce que je ne veux pas surcharger la planète de ma progéniture ? Le fruit de MES entrailles risquerait de sauver le monde et sans lui donner vie je voue la planète entière à la déchéance ? Allons, allons, espérons que Kévin, le petit couvert de morve que je vois accroché à tes pantalons, jouera ce rôle.
La réflexion de l'égoïsme vient souvent de jeunes parents épuisés-mais-heureux-c'est-le-plus-beau-métier-du-monde. L'idée que je ne sacrifie pas mes futures grasses matinées à la mission fondamentale de l'humanité leur paraît abominable. C'est aussi l'argument qui me touche le moins, je le trouve totalement hors sujet.


Mais tu n'aimes pas les enfants ?
Et bien Ginette, détrompes-toi, j'adore certains enfants. D'autres me sont indifférents, d'autres me hérissent le poil. Comme beaucoup de parents d'ailleurs, qui ne supportent que leurs propres enfants et pas ceux des autres. Mes deux neveux et ma nièce sont parmi les gens que je préfère au monde, je tente de les voir dès que possible, je me réjouis de les voir grandir et, d'après leurs parents, je me comporte de manière très adéquate avec eux. D'ailleurs on me trouve plutôt douée avec les enfants en général.
Mais ce n'est pas parce que j'adore les rhinocéros que j'en ai adopté trois. Avoir de l'instinct sur la manière d'interagir avec les enfants n'implique pas d'avoir envie d'être parent.


Tu te rends compte que tu vas vieillir seule ?
Bravo Gaston, tu détiens la palme. Donc toi, tu as fait/vas faire des enfants pour ne pas être seul quand tu seras vieux ? Bel esprit. On revient à l'égoïsme deux secondes ou tout le monde a saisi l'ironie ? Il faudrait aussi poser la question dans les EMS, pour voir si tout leurs habitants sont childfree...
Et non, je ne serai pas seule, mais entourée de ceux que j'aurai choisi et qui auront choisi de m'entourer. Une personne qui ose même imaginer une seconde que ce pourrait être un argument en faveur de faire des enfants devrait avoir son permis pour faire des enfants retiré immédiatement. Ah non, ce permis n'existe pas. Quel dommage !


Tu vas changer d'avis, tu verras !
Oui, tu sais certainement mieux que moi ce que je ressens. Cette affirmation, souvent prononcée par des jeunes mères comblées, ou futures-mères comblées, est une des plus blessante qui soit. D'abord elle est particulièrement infantilisante et elle insulte mon intelligence, ensuite elle pose un jugement de valeur qui implique que FORCEMENT toute femme DOIT être mère et que toute autre possibilité est une aberration. J'ai appris, au fil du temps, que je ne pourrai plus discuter avec ces personnes-là, c'est inutile.
Quand il s'agit de personnes que je suis dans l'obligation de côtoyer régulièrement, pour ne pas ramener le sujet à chaque fois qu'il y a une naissance dans le coin, je mens parfois en disant que je ne peux pas en avoir, ça leur cloue le bec et c'est réglé. (Après la publication de cet article, je ne pourrai plus, damned.)


Tu te rends compte de tout ce que tu vas rater ?
Non. Je ne pense pas que l'on puisse se rendre compte de ce qu'est être parent sans être parent. Tant mieux peut-être. Mais plus j'entends parler les jeunes parents de leur épuisement total, les parents d'adolescents des souffrances que cet âge douloureux peut engendrer, plus je me dis que si on pouvait s'imaginer ce que c'est vraiment, il y aurait peut-être plus de childfree.
Ce que je sais c'est que je ne me sentirai jamais à la hauteur de la responsabilité d'être parent, et je suis très admirative pour ceux qui font du mieux qu'ils peuvent, sans jamais lâcher, bravo à eux. Mais ça continue de ne pas m'attirer du tout comme expérience.
Je n'ai jamais sauté en parachute non plus. Et je ne me rends pas compte non plus de ce que je rate. Et on vit très bien sans.


Pourquoi ?

C'est ça la vraie question. Même si elle est intime, la seule et vraie question que vous pouvez poser légitimement à quelqu'un qui vous dit ne pas vouloir d'enfant est "pourquoi ?".

Dans mon cas, c'est une simple et très viscérale non-envie.

Couplée à des centaines de raisons accessoires qui n'ont que peu d'importance au final, comme pour le choix de faire des enfants j'imagine. Ce n'est pas compatible avec mes multiples vies parallèles, pas compatible avec mon budget, pas compatible avec mon style de vie en général, pas compatible avec mon idéal de vie. Pas compatible avec ma liberté d'être celle que je suis, pour résumer. Et je ne parle pas des raisons éthiques et de mon pessimisme pour l'état de notre petite planète dans quelques décennies.

Et, tout simplement, la maternité n'est pas indispensable à mon épanouissement.

"La non-parentalité n'est pas l'expression d'une névrose ou d'une immaturité ; au contraire, il s'agit d'une décision complexe dont les avantages sont sensés dépasser le coût de la non-conformité sociale." (Campbell E. Becoming voluntarily childless: an exploratory study in a Scottish city. Soc Biol. 1983 Fall;30(3):307-17)

Quand j'ai enfin libéré ma parole et fait mon coming out childfree, le plus intéressant a été de découvrir que nous sommes nombreux (en Suisse, entre 25 et 30% des femmes n'auront pas d'enfants). La parole est plus libérée dans certaines régions que d'autres (ce qui ne pose plus de problème en Allemagne, amène encore des centaines de questions dérangeantes en France ou en Espagne, par exemple). Les mouvements childfree (par opposition à childless = ne peut pas avoir d'enfant) ou no kid sont de plus en plus visibles, à travers cette visibilité l'acceptation de ce choix -fondamentalement intime- par la société en général va s'améliorer. C'est aussi pour cette raison que j'en parle.

J'avoue que c'est aussi parce que c'est souvent un plaisir de parler avec d'autres non-parents par choix, et que j'espère qu'ils vont sortir du bois de plus en plus nombreux. Que vous soyez parent, non parent, curieux ou sympathisant, je me réjouis de lire votre commentaire et je vous offre ce Childfree Bullshit Bingo.





Edit : suite à une conférence organisée le 30 septembre 2014 par l'Association Bloom and Boom intitulée "Etre femme et épanouie sans enfant" avec l'auteure Isabelle Tilmant qui a beaucoup écrit sur le sujet, plusieurs médias m'ont contactée pour parler du sujet. Après une longue réflexion, j'ai refusé.

Pourquoi ? 

Parce qu'après plusieurs années à en parler régulièrement, dès que je pouvais en fait, j'en ai un peu marre, c'est un sujet intime que je n'ai pas envie d'étaler avec mon visage à la télé, par exemple. Alors que je sais que c'est nécessaire, que c'est en entendant des témoignages que j'ai pu libérer ma propre parole, merci à celles et ceux qui ont accepté de le faire.

Mais aussi parce que j'en ai marre que cette problématique soit traitée sous l'angle "les femmes sans enfants", décider de faire un enfant n'est pas une histoire de femme mais une histoire de couple. Ne pas en avoir également. Je ne pourrais être dans un couple où mon compagnon aurait terriblement envie d'avoir des enfants, ce ne serait pas possible. Mon mari a accepté d'ailleurs de répondre à une journaliste.

Enfin, parce que l'angle de traitement me gonfle particulièrement. On cherche à expliquer pourquoi quelqu'un a fait ce CHOIX. Or pour moi ce n'est pas un choix, mais une non-envie. De la même manière que certains ont des enfants parce qu'ils en ont envie, on ne leur demande pas pourquoi ils ont fait ce choix. Qu'on essaie de me caler dans les cases "études supérieures (= carriériste)", "trop peur de perdre sa liberté (= égoïste)", ou "pas prête à assumer ces responsabilités (= immature)" m'insupporte, et on en revient au propos de mon article. Même les spécialistes du sujet finissent par l'aborder sous l'angle du choix rationnel, malgré leurs réticences à le faire, parce que les journalistes les interrogent dans ce sens et uniquement dans ce sens, il faut une raison, une explication, une justification. La non-envie toute simple n'est jamais qu'un prétexte à décortiquer, il ne PEUT PAS être la seule explication. Et pourtant si.

Je n'ai pas envie. 

Et je m'autorise le droit de le dire et de le vivre ainsi. C'est peut-être ça qu'il faudrait plutôt décortiquer : comment la société a évolué jusqu'à ce point où un humain peut décider qu'il n'a pas envie de se reproduire. Ne serait-ce pas le summum de l'évolution ? 
(Ceci est une provocation, merci de ne pas me prendre au sérieux, bisous.)



mercredi 2 juillet 2014

RedBall Project à Rennes


L'été dernier, alors que je suivais le RedBall Project virtuellement depuis quelques temps, j'ai eu la chance de le découvrir dans toute sa splendeur pendant une semaine à Lausanne au Prélude à la Cité. Le concept paraît enfantin, un énorme ballon rouge est posé dans la ville pendant une journée.

Le côté éminemment visuel de cette sphère rouge est évidemment ce qui m'a attiré tout de suite dans ce projet, sa dimension qui interroge les autres dimensions urbaines également. Puis j'ai passé du temps à côté de la balle, rencontré son créateur Kurt Perschke, et observé comment les gens interagissaient avec la RedBall.

Certains restent à une certaine distance, d'autre vont immédiatement la toucher, certains se jettent contre, beaucoup la regardent longuement, beaucoup tournent autour, certains s'éloignent puis se rapprochent, puis s'éloignent à nouveau, rares sont ceux qui ne la prennent pas en photo sous tous les angles, rares sont ceux qui ne posent pas avec.

En la suivant durant 7 jours, dans 7 lieux complètement différents de Lausanne, j'ai développé un attachement énorme pour cette oeuvre d'art. J'ai compris que la balle n'était qu'un prétexte à ces interactions qui sont le coeur du projet de Kurt, interactions avec l'environnement urbain et interactions avec ses habitants. Nous sommes restés en contact avec l'équipe du RedBall Project, et j'ai l'honneur de vous annoncer que je suis le premier membre du Cercle du RedBall Project.


©RedBall Project - Kurt Perschke

mardi 1 juillet 2014

Greenwashing by Migros


La Migros et la Coop sont les deux géants de la grande distribution en Suisse, ils dominent très largement le marché de manière pratiquement hégémonique, malgré quelques autres enseignes qui tentent de grignoter quelques parts de marché. Ces deux acteurs sont des coopératives (à but commercial, évidemment, ça ne change rien au schmilblik) qui ne sont donc pas soumises aux pressions d'actionnaires dans leurs décisions. Ce qui provoque un contexte très particulier de consommation en Suisse. Les deux géants oranges dictent "ce que les consommateurs veulent" depuis des décennies.

Dans ce contexte, plusieurs initiatives vont être votées prochainement concernant l'alimentation (initiative "Sur la souveraineté alimentaire" de l'Union Suisse des Paysans, initiative "Pour des aliments équitables" des Verts Suisses, initiative "Pas de spéculation sur les biens alimentaires"des Jeunes Socialistes), le sujet longtemps abandonné par les politique revient au coeur de la table (hinhinhin). Des acteurs comme Ras-la-fraise se battent pourtant depuis des années contre des moulins à vent la logique uniquement commerciale de nos géants oranges.

Migros et Coop font donc des "efforts". Ici un nouveau label "éthique / responsable / durable / biologique / équitable / écologique / socialement acceptable (sic!) / à faible consommation d'énergie", là un minuscule étalage de légumes "biscornus" pour faire croire que l'on se soucie du gaspillage alimentaire, on communique sur les "efforts sur l'emballage" (ah bon, où ça ?*), sur les possibilités de recyclage dans les différents points de vente (ce qui est une obligation légale pour eux et ne vient pas de leur générosité d'âme) et on ajoute du vert sur les étiquettes, le plus souvent possible.


En juillet 2014, la Migros lance "Cumulus Green" (sous-titré "achats judicieux", no comment). L'idée est simple, sur le relevé de ta carte Cumulus (la carte de fidélité de la Migros) sera dorénavant indiqué ton pourcentage "Green", c'est à dire le pourcentage d'articles labellisés (des labels ci-dessus uniquement) parmi tes achats globaux. Les détenteurs d'une carte Cumulus ont donc tous reçu un petit fascicule qui détaille le caractère SUPERGREEN de Cumulus et donc de la Migros.