samedi 23 mars 2013

Les amateurs de séries vont conquérir le monde


Il y a quelques jours, le créateur d'une de mes séries favorites EVER, Veronica Mars, a lancé un Kickstarter pour convaincre une major (ici la Warner Bros) de financer un long-métrage pour clôturer dignement cette série qui n'a eu que 3 saisons. Qu'est-ce qu'un Kickstarter ? Des spécialistes vous renseigneront mieux que moi, mais en quelques mots, il s'agit de se faire financer un projet (quel qu'il soit, quoique Kickstarter soit focalisé sur le côté artistique, avec des critères larges, il existe d'autres plateformes qui gèrent d'autres types de financement) par "le public". Exemple ici : si le projet réussissait à réunir 2 millions de dollars en 1 mois, le studio acceptait de lancer la production du long-métrage. En l'occurrence, nous sommes très nombreux à être vraiment fans de Veronica Mars, ce projet a mis quelques heures pour atteindre son but et est actuellement à plus de 3,7 mios. (Vous pouvez encore participer.) Je ne pense pas qu'il y ait de meilleur moyen de convaincre que les fans sont là, qu'ils attendent la diffusion avec impatience ET qu'ils se déplaceront au cinéma. J'ai fièrement mis 10$, ce qui ne change pas la face de la Terre mais me permet humblement de me sentir faire partie d'un projet. Le double but Kickstarter est clairement atteint.

Tout ça pour vous dire qu'il est grand temps de faire un petit point sur les séries que j'ai regardé ces dernières semaines, à part Veronica Mars (bah oui, je suis en train de revoir l'intégrale, évidemment), Utopia et House of Cards dont je viens de vous parler.


mardi 19 mars 2013

Utopia


Utopia est une mini-série anglaise dont le premier épisode a été diffusé le 15 janvier  sur Channel 4, dont je vous parlais ici. La première saison s'est achevée il y a peu, j'ai digéré et je crois être prête à vous en parler. Je crois. D'abord, comme l'explique très bien le blog le Monde des Séries, il s'agit d'une série particulièrement soignée qui cherche à nous bouleverser, émotionnellement, visuellement, moralement. J'ai vu les premiers épisodes simultanément à Black Mirror et cela avait une résonance étrange et logique. Dans les deux séries on se retrouve dans une position très inconfortable de voyeur et dans les deux séries, il est impossible de détourner les yeux. On nous teste, à quel degré de violence saurons-nous résister ? Mais en même temps, tout est esthétiquement si parfait, si beau, que la violence paraît finalement irréelle et donc non-problématique. Ou comment nous plonger dans un état d'admiration et de plaisir provoqué par la facture visuelle exceptionnelle et nous retourner mentalement grâce à une énigme dont les clés sont fournies au compte-goutte avec grand renfort de violence, physique et mentale, parfois à la limite du supportable. Une expérience qui retourne, c'est le moins que l'on puisse dire.

dimanche 17 mars 2013

House of Cards


House of Cards est LA nouvelle série dont tout le monde parle. Alors bon, quand je dis "tout le monde", je parle de ce côté de l'Atlantique de ceux qui suivent de près les nouveautés dans ce domaine. Mais j'ai pu découvrir que de l'autre côté par contre, c'est TOUT le monde. Les affiches géantes avec le nom de la série, le fabuleux Kevin Spacey et surtout la mention étonnante all episodes sont PAR-TOUT. (Un exemple ici avec la High Line à Chelsea parce que c'est mon coup de coeur du séjour, qu'on voit l'Empire State au fond et que je ne peux m'empêcher de frimer avec mes photos de NYC.) Cette série a fait grand bruit en sortant sur Netflix -diffuseur web et non une chaîne de télévision- parce qu'elle a sorti tous les épisodes de sa première saison en même temps que son premier épisode (vu sa construction, il y en aura au moins une deuxième, voire plus, je le lui souhaite). Je ne pense pas que ce soit déjà arrivé. D'abord à cause de l'historique idée du "pilote", c'est-à-dire le premier épisode dont l'audience calculée dès le lendemain matin détermine si la saison est mort-née, si elle a un espoir de finir sa première saison ou si les scénaristes peuvent prévoir une fin ouverte à une saison suivante. Je dis "historique" idée parce que c'est encore le cas pour certains shows façon sitcoms, mais pour les séries les plus intéressantes et ambitieuses au niveau scénaristique et artistique, elles sont déjà produites saison entière par saison entière. Il n'est pas rare d'ailleurs que deux versions de l'épisode final soit tournées, de sorte que lorsque la sentence de vie ou de mort est donnée par le diffuseur, on puisse finir en beauté ou au contraire faire un classique cliffhanger (c'était par exemple le cas pour Homeland) (ça permet aussi qu'il n'y ait aucune fuite dans la presse sur le finale tant attendu).


dimanche 10 mars 2013

Petit coup de gueule



Le FIFF, Festival International de Films de Fribourg, occupe une place à part dans mon coeur. J'y ai débuté ma "carrière de cinéphile" adolescente, j'y ai découvert des cinématographies multiples, lointaines, exubérantes, riches, percutantes, j'y ai compris combien il était important de multiplier les sources d'images et d'information pour ne pas s'enfermer dans une culture mainstream qui écrase tout sur son passage. J'y ai également débuté ma carrière professionnelle, j'y ai fait des rencontres inoubliables avec de grands cinéastes, avec des journalistes passionnés et d'autres artistes et personnalités passionnantes.

Depuis, j'ai quitté Fribourg, mais j'ai continué à me rendre au FIFF chaque fois que c'était possible. Ce qui n'a malheureusement pas été le cas les deux dernières années. Cette année, pour ne pas laisser passer ce rendez-vous incontournable de la culture en Suisse Romande, je me suis dit que j'allais solliciter une accréditation. Et je suis un peu déçue. On m'a répondu que seuls "les journalistes qui travaillent pour des supports médiatiques" étaient susceptibles d'être accrédités. Tant pis, me suis-je dit en recevant ce mail, j'aurais essayé.

Et puis non, en fait, je ne suis pas déçue, je suis en colère. Pas pour moi, je conviens que mon blog n'est pas le plus orienté cinéma qui existe, que je ne suis "reconnue" d'aucune manière et que rédiger mes critiques pleines de mauvaise fois assumée ne fait pas forcément de moi quelqu'un "d'accréditable" (quoique peu de blogueurs en Suisse Romande ne parlent cinéma, j'en profite pour vous conseiller le MERVEILLEUX blog de Pascal Montjovent - Chronique d'une chef opérateur), il y a des tonnes de raisons pour me refuser une accréditation à moi. Mais pas celle-ci.

Cher FIFF, un blog est un "support médiatique". Il faut te réveiller. Tu es totalement à côté de la plaque en ce qui concerne ta communication en ligne. Tu as une page FB introuvable avec le moteur de recherche (elle est ici) ! Tu as un compte twitter, mais pour ainsi dire inexistant (edit : ils ont du en perdre les clés et sans avertissement sur leur compte précédents, ils sont passés sur un autre compte). Evidemment rien sur Instagram ou d'autres plateformes du genre. C'est le néant total. Et ça me met en colère, parce que je t'aime le FIFF, tu es utile, passionnant, généreux. Tu ne peux PAS rester dans une nullité numérique pareille. 

Hier après-midi, j'avais la chance de me balader à Madison Square, à Manhattan, où se tenait un marché. Un simple marché, avec des fermiers du coin. Tu sais ce qu'il y avait au milieu de ce marché ?


Je le répète : un marché fermier, ne viens pas me dire que ce sont des spécialistes de la communication. Toi c'est ton métier, tu ES un événement médiatique. Ton public fidèle depuis bientôt 30 ans (je sais, j'y étais au premier FIFF) est une richesse à valoriser et mérite de pouvoir dialoguer avec toi, sans parler de tes bénévoles incroyables et de tes invités.

Bref, je suis en colère et déçue, et j'ai peur que ça ne m'empêche de venir savourer la multiplicité des cinémas que tu célèbres cette année. Mais sans rancune, cher FIFF, si un jour ça t'intéresse de connaître les bouillonnantes idées que j'ai à te proposer, n'hésites pas, tu as mon mail.

PS : j'en profite pour te faire remarquer que le lien vers le blog "planète cinéma" où tu encourages les "jeunes de plus de 14 ans" à venir BLOGUER des critiques de cinéma, donne sur un lien FB et pas sur le lien du blog en question, ce serait utile de modifier ce détail (sans compter l'utilité de m'expliquer l'absurdité de pousser les jeunes à bloguer alors que tu ne valorises pas ce genre de supports).


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HS : promis, dès que je me suis reposée et que j'ai trié mes photos et mes adresses, je vous reparle de mon voyage à New-York qui a été la très joyeuse cause du manque d'articles ces derniers temps. Mais ce coup de gueule il fallait que je le poste. Pour patienter, tu peux aller voir les centaines de photos que j'ai publié sur Instagram.